La cour d'appel de Bastia a relaxé mercredi trois
militants nationalistes corses poursuivis pour l'incendie volontaire des bureaux du président de l'exécutif de la collectivité territoriale de Corse, le 12 janvier 2008.
Le 13 mai, à l'audience, l'avocat général Pierre-Yves Radiguet avait requis 2 ans de prison ferme contre les trois militants, Maxime Susini, 26 ans, Félix Benedetti, 35 ans et Anthony Bozzi, 34
ans.
Il avait demandé la relaxe d'un quatrième prévenu, Michel Terrachon, 45 ans, pour "insuffisance de preuves". Il avait toutefois souhaité qu'il soit condamné à 2 mois de prison pour avoir refusé de
se soumettre à un prélèvement d'ADN.
Ce dernier et Anthony Bozzy ont été condamnés mercredi à un mois de prison avec sursis pour ce refus de prélèvement.
Devant le tribunal correctionnel d'Ajaccio, le procureur de la République, José Thorel, avait requis une peine d'un an d'emprisonnement contre les quatre militants.
Ils avaient finalement été relaxés en première instance. Les trois premiers en mai 2008 et Anthony Bozzi en octobre 2008 en raison d'une erreur de date sur sa convocation. Le procureur avait fait
appel de la relaxe des quatre hommes.
"La peine double en passant le col de Vizzavona" (sur la route menant d'Ajaccio à Bastia), avait ironisé Me Jean-Michel Mariaggi, avocat des quatre prévenus devant la cour d'appel. Il avait plaidé
la relaxe en soutenant qu'il "s'agissait d'un procès politique". "La justice s'est bien peu préoccupée des casseurs, il fallait accrocher des +politiques+", avait-il soutenu.
Retraçant "la mise à sac des locaux par le feu", l'avocat général avait insisté sur les témoignages identifiant les quatre hommes comme faisant partie du commando de cinq ou six hommes qui aurait
provoqué l'incendie.
Il avait également vivement condamné l'attitude de l'épouse d'Anthony Bozzi, "une professeur des écoles qui affirme que son mari était avec elle alors que les relevés téléphoniques montrent qu'elle
l'a appelé plusieurs fois sur son téléphone portable" dans la soirée de l'incendie.
Les prévenus, qui ont toujours nié les faits, avaient refusé de prendre la parole à l'audience.
Le 12 janvier 2008, à l'appel de dix-huit mouvements, partis et syndicats nationalistes corses, des manifestants avaient défilé à Ajaccio pour réclamer l'arrêt de la "répression" et du "fichage
ADN" des militants nationalistes.
A l'issue de la manifestation, ils avaient pénétré dans l'hémicycle de l'Assemblée de Corse. Un incendie s'était déclaré au troisième étage, au moment où les nationalistes débattaient de la
poursuite de l'occupation du bâtiment. Le sinistre avait détruit les bureaux d'Ange Santini, président UMP du Conseil exécutif de Corse.
Au final, seuls trois jeunes gens ont été directement condamnés dans cette affaire: Alexandre, 19 ans, et Maxime, 18 ans, ont été condamnés à un mois de prison ferme pour les dégradations et les
vols commis à l'Assemblée de Corse. Un troisième prévenu, Loïc, 21 ans, a été condamné à deux mois fermes en raison de ses antécédents judiciaires.
Les trois jeunes gens avaient reconnu être les auteurs de dégradations volontaires et de vols dans cet édifice. Au troisème étage de l'Assemblée, ils avaient abondamment pioché dans le bar et
s'étaient cuisiné des lasagnes surgelées avant d'être priés de "dégager" par un commando de quatre à cinq hommes masqués.